Sélection de montres habillées automatiques de 100€ à 1000€

Si t’as pas une Rolex à 50 ans, t’as raté ta vie !

Salut les ploucs ! 

Bien que l’usage premier de la montre soit d’indiquer l’heure, la montre se veut davantage un bijou hautement symbolique œuvrant à la distinction sociale en reflétant (ou simulant) votre mode de vie. Elle doit nécessairement s’accorder avec votre style vestimentaire au risque de trahir votre réel statut social. 

Puceau de l’horlogerie dont le poignet est menotté par le conformisme d’une Daniel Wellington, l’heure est venue de choisir un garde-temps qui soit le reflet de ce que vous prétendez être. Convenons que l’horlogerie comme le sartorialisme semble être un milieu intimidant pour un novice mais pas d’inquiétude, nous avons réalisé une sélection de montres qui vous aidera à vous distinguer du vulgaire badaud émerveillé devant la Festina offerte par sa femme pour la Saint-Valentin.

Quelques considérations esthétiques

comparaison (1)

À gauche, une montre surchargée de multiples complications aussi utiles qu’un compte-tours sur une Twingo. Au même titre que la précision d’un calibre à quartz, ces complications sont impertinentes dans la mesure où votre iphone sera plus précis et fonctionnel (quelques malins réfuteront ce propos en qualifiant cette montre “de plongée” bien qu’en pratique une montre Quechua soit bien plus adaptée).

D’aucuns diront que les calibres à quartz n’ont que des avantages comparés aux calibres mécaniques : ils sont précis, bon marché et à l’entretien facile. Mais alors pourquoi préférer un costume inconfortable et onéreux lorsqu’un simple jogging conviendrait ?

On recherchera davantage une harmonie entre le garde-temps et la mise vestimentaire. Ici, le cadran noir alourdi par la lunette et le bracelet en métal rend incompatible cette montre avec une tenue élégante. Évitez également les boîtiers excessivement larges (au-delà de 40-42mm selon votre tour de poignet) vous faisant tomber dans le m’as-tu-vu qui plus est lorsqu’elle ne rentre pas dans la manchette de chemise. 

À droite, une montre épurée cette fois-ci ornée d’une phase de lune tout aussi inutile qu’un chronomètre mais résolument esthétique sur ce modèle. L’indexation en triangle se substituant aux chiffres ainsi que les aiguilles dauphines confèrent un style cohérent et agréable à l’œil.

Il est à noter que les cadrans clairs sont généralement moins photogéniques que les cadrans foncés, qui plus est lorsque le cadran, les index et les aiguilles sont argentés (plutôt que dorés/cuivrés) : la montre peut sembler fade. Mais qu’importe, seul l’aspect réel compte.

Côté bracelet, un cuir lisse entoure finement et discrètement le poignet. On conseillera d'accorder le bracelet (lorsque celui-ci est en cuir) avec les souliers et la ceinture.

Sélection de marques

Fort de ces considérations d’usage, faisons l’économie d’un baratin barbant du type "qu’est-ce qu’une aiguille ou une complication ?" au profit d’une sélection vouée à vous inspirer dans votre futur achat. Les marques seront présentées de la moins chère à la plus onéreuse. Malheureusement, aucune de ces marques ne nous a encore offert une montre ce qui nous conduit à rester neutre dans leur description.

Orient

1 orient bambino

Orient est une marque japonaise du groupe Seiko. Peu connue du grand public comparée à sa grande sœur Seiko mais appréciée des connaisseurs, Orient constitue une belle offre d’entrée de gamme en automatique qui séduira les jeunes sartorialistes dès le lycée.

Nous vous conseillons d’opter pour un des modèles Bambino. Avec son boîtier de 40,5mm de diamètre, elle habillera tous types de poignet avec élégance. La Bambino se décline sous 5 versions, chacune faisant varier les couleurs du cadran, le boîtier, le type d’aiguille etc, ce qui vous permettra de choisir une montre en phase avec votre mise pour un prix raisonnable. Nous vous conseillons néanmoins d’éviter les modèles à complication “open heart” qui deviennent vite lassants quoiqu’ils puissent vous permettre de frimer auprès des ploucs.

Bien qu’ils se soient améliorés au fil des versions, la qualité des bracelets laisse à désirer (aspect plastique brillant). Pas d’inquiétude, nous avons recensé quelques vendeurs de bracelets en fin d’article.

Junkers et Zeppelin

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Junkers et Zeppelin sont des marques allemandes proposant aussi bien des montres à quartz que des montres automatiques. Bien que l’assemblage soit réalisé en Allemagne, les mouvements sont issus de calibres Ronda pour les quartz, Miyota (Citizen) ou ETA (Swatch) pour les mouvements mécaniques. Si votre budget le permet, tournez-vous de préférence vers les automatiques. 

Coté finitions, ces deux marques proposent des montages de bonne facture pour un prix accessible. Les modèles automatiques Bauhaus chez Junkers et Hindenburg chez Zeppelin ont attiré notre attention.

La Bauhaus automatique se décline principalement en 3 versions qui diffèrent selon la présence d’une petite seconde ou d’un indicateur de réserve de marque. Notons que la réserve de marche peut s’avérer utile pour éviter de remonter la montre au-delà de sa capacité de réserve ce qui entraînerait une usure mécanique prématurée. Si la Bauhaus demeure une montre de qualité, nous émettons cependant quelques réserves sur son style ambigu mêlant les éléments d’une montre habillée (indexation en traits fins minimalistes) associés à des détails sports relevant plutôt d’une montre militaire (numérotation, aiguilles cathédrales fluorescentes). Autre point discutable, cette montre est équipée d’un verre poli bombé en hésalite certes joli mais plus sensible aux rayures que du verre trempé.

Passons à l’Hindenburg, une montre typée aviateur faisant évidemment référence au dirigeable éponyme. La montre trouve une belle harmonie dans l’ensemble bien qu’à notre goût le chemin de fer (indexation en bord de cadran) et la numérotation des minutes alourdissent l’aspect général. Une montre parfaite pour le cadre moyen s’offrant quelques virées dominicales en ULM (veillez cependant à ne pas oublier de remonter le mouvement sous peine de connaître le même sort que le dirigeable). Ce type de montre s’associera convenablement avec un jean ou un chino.

Sea-Gull

3 seagull

Sea-gull est une marque chinoise fondée en 1955. Pionnière dans le marché de la montre automatique, elle produit un quart des mouvements automatiques dans le monde et fut popularisée par le modèle 1963, réédition d’une montre de l’armée de l’air chinoise. Les mouvements Sea-gull sont réputés fiables (bien que souvent inspirés des mouvements suisses) tout en proposant des montages simples mais de qualité (les psychorigides du “Swiss made” ont du soucis à se faire).

Comme énoncé supra, le modèle 1963 demeure une valeur sûre chez Sea-gull. Cette montre incarne une culture chinoise traditionnelle, pour preuve la déchantée formule "made in China" est fièrement inscrite en sinogramme sur le cadran. Les chiffres en police simple, le cadran « "brossé-soleil"  ou encore la trotteuse et le logo en étoile d’un rouge communiste rendent cette montre authentique mais peuvent pour certains revêtir un aspect toc voire joujou. Si ce modèle vous évoque outre mesure la devanture du resto chinois au coin de votre rue, vous pouvez opter pour la Sea-gull Panda dont les couleurs sont moins évocatrices de la Chine traditionnelle. Si à l’origine le diamètre de ces modèles est de 37,5 mm (idéal pour les petits poignets), il existe également des versions de 42 mm.

Nous conseillons par ailleurs d’opter pour un bracelet Nato pour être en phase avec l’esprit militaire de ces montres. Si vous comptez vous offrir une Sea-gull, prenez garde aux contrefaçons qui sont mains courantes en Chine et fuyez les modèles “skeletons” sauf si vous organisez un TP de mécanique pour bac pro.

Seiko

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Marque ou plutôt groupe horloger dont on ne vous fera pas l’offense de présenter, Seiko est présent sur une large gamme de prix, allant du quartz attrape-plouc disponible chez Leclerc Bijouterie jusqu’à la gamme Élégance de Grand Seiko avoisinant les 100 000 euros pour les séries limitées. D’une manière générale, Seiko jouit d’une (trop?) bonne réputation qui parfois en fait une marque surcotée bien que son savoir-faire soit indéniablement reconnu. Ainsi, détenir un chronographe Seiko bas de gamme est aussi digne que détenir une Porsche Boxster.

L’entrée de gamme se situe réellement du côté de la collection Presage proposant des montres habillées dotées d’un mouvement mécanique robuste. L’aspect bombé du boîtier confère un style rétro qui est non sans rappeler le boîtier des montres à gousset. On notera également une belle cohérence entre les aiguilles dauphines et l’indexation en triangle dénuée de chiffre. Le cadran fait quant à lui l’originalité de la montre en étant soit orné de motifs soit ensoleillé par un vernis (gamme cocktail) donnant de la profondeur à l’ensemble. Seiko propose sur cette gamme un verre en saphir ou en Hardlex plus résistant aux chocs et aux rayures que le verre trempé.

Tissot

5 tissot

Tissot est une célèbre marque suisse produisant des montres assemblées en Suisse elles-mêmes équipées de mouvements suisses. Vous l’avez compris, impossible de passer à côté des origines helvétiques de Tissot prônant fièrement le "Swiss made" tel un gage de qualité incontestable ; l’est-ce vraiment ? Le "Swiss made" impose un contrôle qualité réalisé en Suisse, un emboîtage suisse (ou plutôt une mise en boîte à la suisse) mais surtout que 60% des pièces soient manufacturées sur le sol de la vache Milka. Certes la Suisse demeure le berceau de l’horlogerie et le "Swiss Made" garantit une qualité décente mais il est aussi un argument commercial une fois de plus attrape-plouc. Tissot couvre comme Seiko une large gamme de produits mais revêt une meilleure notoriété du fait de son origine. Reconnaissons que les finitions sont de bonne facture et que les mouvements utilisés sont fiables.

Nous avons retenu la gamme Visodate reprenant les codes de la montre habillée tout en proposant un style mélangeant les époques. Le boîtier anguleux, le quantième (la date) rectangulaire et le logo vintage rappellent les montres des années 60 tandis que le boîtier et le cadran clair confèrent une esthétique plus contemporaine. Il en résulte un bon équilibre, le mariage des époques semble réussi. Outre la gamme Visodate nous vous conseillons également les montres vintages et vous expliqueront comment s’en procurer en fin d’article.

Si Tissot produit encore de beaux garde-temps, la variété des gammes entache selon nous leur crédibilité. Lorsque Tony Parker équipé d’une montre noire mi-digitale mi-analogique résolument techwear pose sur l’e-shop pour la collection Homme, on peut aisément se demander ce que le "Swiss made" a de noble.

Junghans

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Junghans est une marque allemande dont le nom et l’origine vous rappelleront probablement Junkers. En effet, Junghans et Junkers gravitent autour d’une même offre de montres habillées puisant leur inspiration dans l’école d’art allemande du Bauhaus et utilisant des calibres suisses ou japonais. On notera cependant des finitions de qualité légèrement supérieure à Junkers. De plus, Junghans propose davantage de modèles habillés notamment pour les petits poignets.

Junghans utilise pour ses montres un verre Plexiglass doté d’un revêtement anti-rayures Sicralan. En pratique, le verre se raye indéniablement et ce plexiglass particulier ne peut être poli contrairement à l’hésalite utilisé par Junkers.

Nous vous recommandons la collection Max Bill (ancien élève du Bauhaus) similaire à la Bauhaus de Junkers dont les modèles se déclinent sous plusieurs gammes : automatique, quartz, chronoscope... Avec un diamètre de 38 à 40 mm et une épaisseur allant de 8 à 12 mm cette gamme conviendra à un large public y compris à la gente féminine pour les modèles les plus fins. Une aubaine pour remplacer la Festina de la Saint-Valentin.

Hamilton

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Hamilton est initialement une marque américaine faisant désormais partie du groupe Swatch. Produisant à l’origine des montres de poche puis des chronographes pour la marine américaine, Hamilton a gagné en notoriété en s’affichant dans de célèbres films tels que L'arme fatale 5, Men in Black ou Interstellar. Fort de cet héritage historique, Hamilton propose un large spectre de garde-temps allant des montres habillées aux montres militaires en passant par les modèles d’aviation.

Si le modèle Ventura demeure un modèle historique en étant la première montre alimentée par une pile, l’esthétique demeure plus que discutable, à notre goût importable.

La collection Jazzmaster reste une valeur sûre. Le modèle Day Date de cette collection est notre favori, alliant originalité et discrétion. Les aiguilles lances héritées de l’aviation complétées par l’indexation en pointe dépourvue de chiffre confère une grande élégance au garde-temps tout en rappelant le patrimoine aéronautique de la marque. Les finitions sont biens exécutées, le mouvement (suisse) est fiable et le verre est en saphir traité anti-rayures. Cette gamme de montre passe-partout se veut facile à associer à votre tenue qu'elle soit formelle ou casual. On remarquera que Hamilton inclut dans sa collection Jazzmaster un modèle “open heart” où l’ouverture sur le mouvement s’intègre de manière harmonieuse avec le cadran (ça nous change de la complication “open heart” superficielle que n’importe quel plouc saura vanter). Pour un modèle plus contemporain, nous conseillons la Jazzmaster Regulator où l’affichage des minutes et des heures sont dissociés.

Outre la collection Jazzmaster, Hamilton propose la gamme Khaki Field dont les modèles compléteront avec efficacité des tenues décontractées : brogues, jeans, vestes militaires.

Steinhart

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Steinhart est une marque allemande qui a pour particularité de produire essentiellement des hommages. Un hommage consiste à reproduire un modèle de montre pratiquement à l’identique. À la différence de la contrefaçon, l’hommage est totalement légale et souvent de qualité bien supérieure à la contrefaçon. Tout l’intérêt de l’hommage consiste à s’offrir à petit prix un modèle inspiré d’une grande maison d’horlogerie avec une qualité décente. 

Pour sa part, Steinhart reproduit de manière totalement décomplexée des modèles mythiques de chez Rolex, IWC... La qualité des finitions et les mouvements suisses employés par Steinhart en font une marque réputée. Si vous ne touchez pas l’ISF et que vous souhaitez vous procurer une Submariner, optez soit pour une montre d’occasion soit pour la Steinhart Ocean One.

Notons toutefois que comparé à l’occasion, s’offrir un hommage est moins risqué car la montre est neuve, reste à convaincre le puriste de forumamontres qui n’y verra qu’une hérésie.

Stowa

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Stowa est une marque de montre automatique allemande (encore !) qui fut notamment l’un des fournisseurs de la marine allemande et de la Luffwaffe. Stowa produit essentiellement des montres épurées, animées par des mouvements suisses ETA, mélangeant habilement les styles et les époques. Le rendu n’est pas toujours concluant mais apporte de l’originalité aux montres. 

On retiendra le modèle Marine Klassic ainsi que les modèles Antea et Partitio. Le modèle Antea est représentatif du style minimaliste Bauhaus et présente la particularité d’être traité thermiquement, ce qui offre de jolis reflets. Le tout est protégé par un verre en saphir qui prémunira votre montre des rayures. Quant au boîtier, ses bords sont légèrement biseautés apportant une touche contemporaine à l’ensemble. Les petites dimensions (entre 36mm et 40mm selon les modèles) permettront à cette montre de se glisser aisément sous votre poignet de chemise.

Christopher Ward

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Christopher Ward est une jeune marque britannique au marketing innovant puisqu’elle fut la première marque horlogère à vendre ses montres uniquement sur internet sans intermédiaire. Bien que la marque n’ait qu’une expérience horlogère limitée, Christopher Ward propose des designs sans fioritures et innovants y compris pour des montres sports. Les calibres (Sellita ou ETA) et l’assemblage sont réalisés en Suisse tandis que le design est britannique. L’ensemble revêt une bonne qualité générale.

Le modèle C1 Grand Malvern Worldtimer illustre parfaitement l’ADN de la marque avec un design audacieux plutôt épuré bien qu’habituellement la complication Worldtimer est souvent associée à des cadrans très chargés. Avant de vous ruer sur google pour connaître le fonctionnement d’une montre Worldtimer parlons un peu d’histoire et de technique. Le Worldtimer (aussi appelée montre à heure universelle pour les LV1 espagnol) est une complication inventer par Louis Cottier historiquement dédiée à l’aviation. Ce dispositif permet de connaître l’heure à n’importe quel endroit du globe. Comment ça marche ? Dirait Michel Chevalet. La montre est dotée d’un anneau tournant où sont inscrites 24 métropoles associées à leur fuseau horaire respectif et d’un autre anneau où figure une indexation. La manoeuvre consiste à placer le fuseau horaire local à midi. Une fois ce réglage effectué, il suffit de lire le nombre en face de la ville pour les heures et les minutes avec l’aiguille des minutes.

Trêve de considérations techniques utiles à moins d’un millième de la population (bien qu’elles aient le mérite d’impressionner le plouc), parlons maintenant de style. Christopher Ward a fait le choix d’un cadran graphique représentant élégamment le globe. Les aiguilles lances sont quant à elles très classiques tandis que le boîtier présente de fins bords avec un joli travail sur les cornes élancées et courbées. Le rendu est somme toute très harmonieux. Dans la même gamme Christopher Ward revisite la phase de lune avec le modèle C1 Grand Malvern Moonphase et propose également des montres sports sympathiques comme la C65 Trident.

Meistersinger

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Meistersinger est une fois de plus une marque germanique de montres mécaniques produites en Suisse. La particularité de Meistersinger est de proposer essentiellement des montres mono-aiguilles appelées “single-hand watches”. La lecture de l’heure est identique à celle d’un cadran solaire, l’heure correspond au nombre le plus proche de l’aiguille par valeur inférieure tandis que chaque indexation correspond à 5 min. Bref, il ne faut pas être à la minute près. Néanmoins, l’offre de Meistersinger a aujourd’hui tout son sens, puisque comme évoqué supra, votre fidèle iPhone vous donnera l’heure à la seconde près.

La montre mono-aiguilles est par essence très dépouillée rendant une esthétique originale que certains ploucs compareront au tensiomètre du médecin de famille. Si toutefois cet aspect (trop) minimaliste vous dérange, notez que Meistersinger propose également un modèle Moonphase très réussi. L’ensemble des modèles jouissent d’une belle cohérence où l’indexation en bâton fait écho aux cannelures de la couronne. Le boîtier en dôme ainsi que la couronne bombée confèrent un aspect vintage à l’ensemble faisant référence aux montres de poche (à l’origine mono-aiguilles). Pour ce qui est de la qualité des finitions, rien à redire, Deutsche Qualität.

Frédérique Constant

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Frédérique Constant est une marque suisse du groupe Citizen. Avec son modèle Heartbeat, Frédérique Constant fut en 1944 le premier horloger à proposer des montres à complication “open heart” bien qu’aujourd’hui cette complication soit sans intérêt voire même m’as-tu-vu car trop largement démocratisée.

Frédérique Constant propose des modèles de bon goût dans un style contemporain emprunt de touches classiques. Le modèle Classics Index demeure une valeur sûre. La montre reprend rigoureusement  les codes épurés de la “dress watch” tout en y ajoutant un boîtier contemporain ni trop anguleux ni trop bombé. La prise de risque est minime, un bon cadeau pour la fête des pères. Par ailleurs Frédérique Constant dispose de sa propre manufacture en Suisse, le mouvement et la qualité des finitions sont irréprochables pour le prix affiché.

Vintage

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Le vintage est une excellente alternative au neuf pour ceux disposant d'un faible budget. On en parle plus en détail en fin d'article.

Où acheter sa montre ?

Acheter neuf

Avant de se ruer sur la liste des revendeurs pour acquérir votre montre préférée au meilleur prix, il convient de comprendre comment s’organise le marché horloger. Partons d’un constat : sur internet, nous pouvons observer une grande disparité de prix pour un même modèle, et pour cause, il existe deux types de vendeur : les vendeurs certifiés et le marché gris.

Chez un vendeur certifiés, la marque impose à travers la vente d’une montre la vente de son image. Il en découle qu’elle définit la marge du distributeur, lui impose des codes de communication et garantie ses modèles. 

Chez un vendeur du marché gris, les prix de vente sont bien plus attractifs. Cette grande variation s’explique essentiellement par la différence de marge pratiquée par le distributeur. Ainsi, les vendeurs du marché gris ne répondent pas aux exigences d’image de la marque puisqu’ils ne pratiquent pas les marges contingentes à l’affiliation et ne répondent pas aux codes de communication.

Quelles différences en pratique ? La garantie n’est pas nécessairement assurée, l’emballage est rarement l'original et le SAV est souvent inexistant.  Mais alors d’où proviennent les montres du marché gris puisque les marques ne les cautionnent pas ? Essentiellement des fins de série des distributeurs certifiés. 

Si vous comptez acheter sur le marché gris, nous vous conseillons d’opter pour une livraison par les airs afin de minimiser le risque de payer des frais de douanes.  Notons que le marché gris est légal, à ne pas confondre avec la vente de contrefaçon.

Afin de vous aiguiller, nous avons recensé une liste de vendeurs honnêtes. Aucun de ces vendeurs n’est mieux que les autres. Nous avons cependant conclu un partenariat avec Montre-Automatique. Ce partenariat n’influe aucunement sur le prix de vente mais, si en loyal lecteur, vous souhaitez faire une offrande à Sartorialisme, n’hésitez pas à choisir leur site pour acquérir votre futur montre.

Vendeurs certifiés

Marché gris

Acheter d'occasion

Si vous souhaitez acquérir un garde-temps à prix raisonnable, le marché de l’occasion constitue une bonne alternative au neuf. 

Pour des montres peu datées, nous vous conseillons d'investir dans un modèle en excellent état et de s’assurer que les papiers soient fournis. En veillant à ces deux aspects, la prise de risque est limitée et les économies assurées.

L’autre pan en pleine effervescence du marché de l’occasion repose sur les montres vintages. Ce marché se destine à des acheteurs confirmés ayant un minimum de bagage horloger. Profitant de la forte demande, de multiples sites spécialisés commercialisent des modèles vintages à prix d’or. Les prix (presque dissuasifs) et la présélection font perdre tout le charme de l’occasion vintage consistant à dénicher une bonne affaire par soi même. Si toutefois vous n’avez pas les capacités d’expertise et que vous êtes fan du design des montres vintages, le recours à ces sites limite la prise de risque.

Marché de l'occasion

Ebay (regardez notamment les enchères, avec un peu de chance et beaucoup de patience, vous pourriez trouver une pépite)
Chrono24 (le Leboncoin international des montres)
Omega et Rolex préselectionnées

Les bracelets

Le bracelet est une pièce à ne pas négliger et se doit d’être cohérent avec la montre et harmonieux avec votre tenue. On déplore cependant que les marques d’entrée de gamme fournissent bien souvent des bracelets de piètre qualité ou de mauvais goût (Orient est spécialiste du faux cuir alligator aussi brillant que le vernis de votre bien-aimé) que l’on recommandera de remplacer. D’un point de vue pratique, nous vous conseillons d'investir pas plus de 10% du prix de la montre dans le bracelet.

Comme évoqué précédemment, le bracelet doit nécessairement respecter le style de montre : doter votre Cartier Tank d’un bracelet nato équivaut à porter des richelieu avec un bermuda. Selon le matériau utilisé, le bracelet sera plus ou moins formel : ainsi le cuir sera adapté aux mises formelles tandis que le nylon (à l’origine des bracelets nato) et le métal seront à privilégier pour une mise sportive.  

Une fois le matériau choisi, il convient d’accorder le bracelet avec votre tenue. Pour le cuir, deux possibilités s’offrent à vous ; soit accorder le cuir de la montre à votre ceinture, vos souliers ou vos gants ; soit trancher nettement avec un bracelet coloré (bleu, bordeaux, etc). Attention aux faux accords (marron clair avec marron foncé par exemple).

Évitez les cuirs exotiques pas chers, comme les alligators à moins de 50€, souvent de mauvaise facture (surtout que Brigitte Bardot vous grondera) et préférez un bon cuir de veau pleine fleur. Comme pour une ceinture, un bon bracelet est reconnaissable à son cuir et ses coutures.

Marques et vendeurs de bracelet

Pour les cuirs, je recommande la marque Hirsch qui propose d'excellents bracelets dans les 50€.  Pour un achat en France, je conseille de vous en procurer chez Esprit Nato (notez que l'intégralité du catalogue Hirsch est disponible sur demande).

Un de mes bracelets Hirsch favoris, le modèle Ascot.
Un de mes bracelets Hirsch favoris, le modèle Ascot.

Petit manuel de survie sartorialiste en open space

Les codes vestimentaires n’ont jamais été aussi relâchés dans les entreprises. Et pourtant, à en croire les experts, le moral des salariés français est au plus bas. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Une chose est sûre, pour le sartorialiste qui a juré sur une paire de John Lobb de ne jamais trahir les lois sacramentelles de l’élégance classique, la vie de bureau peut vite devenir un enfer.

Avant-propos

Ce modeste guide s’adresse prioritairement aux employés qui fréquentent des environnements de travail où les termes open space, conf call, slides et burn-out permettent de donner un peu de contenance à des fonctions qui n’en ont à peu près aucune. Dans ces bureaux de seconde zone, où le costume a été banni par le régime du casual lifestyle, le sartorialiste mène une lutte quotidienne contre la barbarie du cool. Pour tous ceux qu’une mauvaise fortune condamne à la domesticité salariale, le sartorialisme représente bien plus qu’un délire érotomane sur instagram ; c’est une philosophie de combat. 

Décrypter les codes vestimentaires de l’entreprise

Qu’ils soient écrits ou tacites, les codes vestimentaires ont valeur de norme sociale et concourent, en tant que tels, à la cohésion du groupe. S’éloigner de ces règles, c’est prendre le risque d’être considéré comme déviant ; ce qui peut rapidement devenir problématique, particulièrement dans le monde de l’entreprise où l’intégration est une condition de survie. Voilà pourquoi tout bon sartorialiste se doit de maîtriser les usages vestimentaires en vigueur dans son environnement professionnel, y compris s’il les désapprouve.

Les spécialistes du menswear ont l’habitude de situer les registres stylistiques les plus couramment observés dans les entreprises sur une échelle allant de la tenue la plus stricte (formal) à la plus décontractée (casual), en passant par des niveaux intermédiaires (business casual et smart casual). 

Cette classification, qui doit sans doute son pragmatisme à ses origines anglo-saxonnes, permet d’identifier rapidement le code vestimentaire d’une unité de travail. Quelques illustrations permettront de se faire une idée de la méthode et de soulager provisoirement les neurones de nos plus jeunes lecteurs (fainéants et analphabètes comme chacun sait).

Une silhouette éminemment formelle composée d’un imposant trois-pièces bleu marine marié à une cravate de soie un peu folâtre sur fond de popeline blanche, le tout accompagné des éternels richelieus noirs ‒ méticuleusement cirés comme il se doit. La tenue idéale si vous êtes PDG d’une société du CAC 40 ou l’héritier putatif de ce dernier. Source : Andreas Weinas.
Une silhouette éminemment formelle composée d’un imposant trois-pièces bleu marine marié à une cravate de soie un peu folâtre sur fond de popeline blanche, le tout accompagné des éternels richelieus noirs ‒ méticuleusement cirés comme il se doit. La tenue idéale si vous êtes PDG d’une société du CAC 40 ou l’héritier putatif de ce dernier. Source : Andreas Weinas.
Une tenue business-casual façon scandinave, construite autour d’une veste sport gris texturé, d’un pantalon en twill de coton sable et de mocassins à pampilles en veau-velours marron. Autrefois, cette tenue aurait à peine été bonne pour emmener Marie-Cécile faire un tour de barque mais elle vous vaudra aujourd’hui les quolibets débiles de Seb, le blaireau du service informatique (Note : lorsqu’il s’est marié avec Lolo, Seb a opté pour une cérémonie champêtre). Source : @blugiallose.
Une tenue business-casual façon scandinave, construite autour d’une veste sport gris texturé, d’un pantalon en twill de coton sable et de mocassins à pampilles en veau-velours marron. Autrefois, cette tenue aurait à peine été bonne pour emmener Marie-Cécile faire un tour de barque mais elle vous vaudra aujourd’hui les quolibets débiles de Seb, le blaireau du service informatique (Note : lorsqu’il s’est marié avec Lolo, Seb a opté pour une cérémonie champêtre). Source : @blugiallose.
Une variation en smart-casual élaborée à partir d’un luxueux cardigan en maille bleu marine couvrant nonchalamment une chemise oxford bleu ciel à col boutonné, de  l’indispensable jean selveldge brut et de mocassins marron patinés par le temps. A la fois chic et moderne, ce look devrait vous permettre de passer relativement inaperçu, tout en ayant pour plusieurs milliers d’euros de frusques sur le dos. Source : Permanent Style.
Une variation en smart-casual élaborée à partir d’un luxueux cardigan en maille bleu marine couvrant nonchalamment une chemise oxford bleu ciel à col boutonné, de l’indispensable jean selveldge brut et de mocassins marron patinés par le temps. A la fois chic et moderne, ce look devrait vous permettre de passer relativement inaperçu, tout en ayant pour plusieurs milliers d’euros de frusques sur le dos. Source : Permanent Style.
Un look casual qui allie blouson en coton vert militaire, t-shirt gris clair débordant sur jean brut semi-slim et sneakers minimalistes blanches. Conseil de style : usez un peu et ajoutez un gilet jaune ; vous êtes prêt pour aller casser du sartorialiste. Source : @sunspelclothing.
Un look casual qui allie blouson en coton vert militaire, t-shirt gris clair débordant sur jean brut semi-slim et sneakers minimalistes blanches. Conseil de style : usez un peu et ajoutez un gilet jaune ; vous êtes prêt pour aller casser du sartorialiste. Source : @sunspelclothing.

Certains secteurs professionnels comme le droit, les finances ou encore les pompes funèbres, sont réputés plus conservateurs que d’autres. Notons également que dans certaines organisations, les tenues les plus formelles sont réservées aux membres du personnel encadrant ; lesquels verront généralement d’un très mauvais oeil vos audaces vestimentaires et chercheront à vous détruire en représailles (ce à quoi ils se seraient employés de toutes les manières puisque c’est précisément l’objet de leurs fonctions). 

D’autres indices tels que le spectre chromatique, les marques ou la qualité des étoffes vous donneront de précieux indices sur les rapports de force au sein de l’unité de travail mais aussi sur les principales caractéristiques identitaires de vos collègues : statut professionnel, orientation sexuelle, patrimoine, confession religieuse, opinions politiques… etc. Autant de renseignements qui pourront être mis à profit dans le cadre de vos plans de carrière machiavéliques.

Faire preuve de mesure

Il faut se faire à l’idée que dans bon nombre de milieux professionnels, où le jean-basket règne désormais en maître absolu, le costume-cravate fait aujourd’hui figure d’anti-conformisme. Paradoxalement, la tenue de prédilection du sartorialiste, qui a longtemps incarné le symbole du conservatisme bourgeois, est devenue une forme de subversion sous l’ère digitale. On s’est d’ailleurs félicités un peu vite d’une supposée libéralisation des codes vestimentaires au sein de l’entreprise, alors qu’on assistait en réalité au remplacement d’un uniforme par un autre…

Le gourou des sartorialistes millionnaires, Monsieur Hugo Jacomet, a dit : “aujourd’hui, les vrais rebelles sont ceux qui portent le costume” (citation approximative, amen).
Le gourou des sartorialistes millionnaires, Monsieur Hugo Jacomet, a dit : “aujourd’hui, les vrais rebelles sont ceux qui portent le costume” (citation approximative, amen).

Il est toujours possible de forcer les limites du code vestimentaire de votre entreprise mais pas de beaucoup, sauf à vous sacrifier littéralement sur l’autel de la cause sartoriale. Rappelons tout de même, à des fins préventives, les principaux risques psycho-sociaux encourus : toxicomanie, harcèlement, syndrome anxio-réactionnel,  déchéance sociale (liste non exhaustive). 

Dans certains contextes, le degré business casual représentera déjà un niveau de formalité élevé compte tenu de la légèreté des mœurs et du goût très prononcé de vos collègues pour les lookbooks des pires enseignes de prêt-à-jeter. On déconseillera, dans un premier temps, de dépasser de plus d’un cran le niveau de formalité moyen observé dans l’unité de travail. Dans une logique de management bienveillant et empathique, vous pouvez aussi choisir d’habituer progressivement les yeux de vos collègues à la splendeur de mise et, qui sait, susciter des vocations sartoriales (on peut rêver). 

Ne perdez pas de vue votre allure générale ainsi que la cohérence entre votre tenue et votre statut social. Une inadéquation trop flagrante entre votre mise et votre identité véritable produira immanquablement une dissonance cognitive, laquelle se traduira par un malaise assez déplorable en terme de gestion d’image de soi. Le pire consisterait évidemment à donner dans le cosplay, en jouant les gentlemen à la petite semaine ou les dandys décadents, alors qu’aussi loin que vous pouvez remonter dans votre arbre généalogique, il n’y a pas l’ombre d’un titre de noblesse. Et même si l’un de vos lointains aïeux a été fait chevalier de Sainte-Verge (79), ce n’est franchement pas une raison pour vous la raconter. 

L’élégance est indéniablement une affaire de contexte et il ne faudrait surtout pas confondre votre petit bureau avec le pitti uomo. Dans son livre intitulé Le Courtisan - que les amateurs de sprezzatura pepperoni n’ont pas pris la peine de lire et encore moins de comprendre - Castiglione explique qu’en toute chose, la médiocrité est plus louable que l’excellence. Il faut comprendre par là que la mesure est une vertu cardinale de l’élégance et que l’excès est son péché mortel. Pour le dire encore autrement, être trop bien habillé c’est être mal habillé.

Opter pour le flexible dress code

Dans un environnement défiguré par les ravages du look valley casual, nous ne saurions trop inciter nos lecteurs à opter pour un style rassurant, du moins jusqu’à ce qu’ils parviennent à s’imposer dans les plus hautes sphères de leur entreprise. Après avoir identifié le registre stylistique en vigueur au bureau, il s’agira de déterminer les occasions de passer au registre supérieur (ce qui constitue évidemment le but ultime de tout sartorialiste). 

Cette aptitude à la souplesse vestimentaire, la banque d’investissement américaine Goldman Sachs en a fait une doctrine avec son flexible dress code (auquel nous avons déjà consacré un article). Concrètement, il s’agit pour le collaborateur de développer une capacité à adapter en permanence ses tenues à son environnement professionnel. Cela étant, à moins que vous ne soyez trader dans ladite firme, la stratégie de la flexibilité peut vite s’avérer assez ruineuse. C’est pourquoi, nous vous recommandons d’opter pour des pièces à la fois polyvalentes et relativement intemporelles, de manière à pouvoir construire des tenues au gré des circonstances. 

Nous avons sélectionné pour vous quelques pièces hybrides, reconnues les meilleurs arbiter elegantiarum de la blogosphère et d’ailleurs pour leur fort potentiel d’adaptation.

La veste sport se mariera avec la plupart des pantalons dépareillés, y compris les jeans à condition d’opter pour une coupe relativement droite. A noter que si la plupart des costumes ne doivent jamais ô grand jamais être dépareillés, sous peine d’excommunication du cercle sartorialiste, certains modèles permettent de faire coup double, notamment si vous optez pour une veste coupée dans un tissu texturé et dotée d’épaules souples et de poches plaquées, c’est-à-dire les caractéristiques habituelles de la veste sport. Source : Drake's.
La veste sport se mariera avec la plupart des pantalons dépareillés, y compris les jeans à condition d’opter pour une coupe relativement droite. A noter que si la plupart des costumes ne doivent jamais ô grand jamais être dépareillés, sous peine d’excommunication du cercle sartorialiste, certains modèles permettent de faire coup double, notamment si vous optez pour une veste coupée dans un tissu texturé et dotée d’épaules souples et de poches plaquées, c’est-à-dire les caractéristiques habituelles de la veste sport. Source : Drake's.
Si le pantalon en flanelle gris est l’un des pivots de la garde-robe sartoriale, c’est parce qu’il est le compagnon idéal de la veste sport. Notez qu’il accompagnera tout aussi bien des pièces plus décontractées, comme un blouson en cuir veau-velour ou un pull col-roulé, ce qui ne manquera pas de faire craquer les rombières du service comptabilité. Source : He Spoke Style.
Si le pantalon en flanelle gris est l’un des pivots de la garde-robe sartoriale, c’est parce qu’il est le compagnon idéal de la veste sport. Notez qu’il accompagnera tout aussi bien des pièces plus décontractées, comme un blouson en cuir veau-velour ou un pull col-roulé, ce qui ne manquera pas de faire craquer les rombières du service comptabilité. Source : He Spoke Style.
Les derbies marron foncé incarnent le soulier polyvalent par excellence. Elles se porteront aussi bien avec un pantalon habillé qu’avec un chino ou un jean à condition toutefois que sa coupe ne soit pas calquée sur celle d’un legging. Ici un demi-chasse de chez Zonkey Boot. Sources : @burzanblog (gauche), @gongdrew (droite).
Les derbies marron foncé incarnent le soulier polyvalent par excellence. Elles se porteront aussi bien avec un pantalon habillé qu’avec un chino ou un jean à condition toutefois que sa coupe ne soit pas calquée sur celle d’un legging. Ici un demi-chasse de chez Zonkey Boot. Sources : @burzanblog (gauche), @gongdrew (droite).
Les chemises à col italien se prêtent pour la plupart aussi bien au port de la cravate que sans. La même chose pourrait éventuellement être tentée avec un col dit button-down, même si l’option cravate suscite encore un débat dans la mouvance sartorialiste intégriste. Source : Trunk Clothiers (gauche), Drake's (droite).
Les chemises à col italien se prêtent pour la plupart aussi bien au port de la cravate que sans. La même chose pourrait éventuellement être tentée avec un col dit button-down, même si l’option cravate suscite encore un débat dans la mouvance sartorialiste intégriste. Source : Trunk Clothiers (gauche), Drake's (droite).
Un par-dessus bien coupé, relativement souple et surtout assez long vous apportera de l’allure en toute circonstance et pourra être facilement être utilisé dans une registre tant formel que casual. Source : Andreas Weinas.
Un par-dessus bien coupé, relativement souple et surtout assez long vous apportera de l’allure en toute circonstance et pourra être facilement être utilisé dans une registre tant formel que casual. Source : Andreas Weinas.
Le cardigan est sans doute la maille préférée du sartorialiste. Glissé sous une veste ou porté comme une veste, il permet d’envisager tous les registres stylistiques. Source : Permanent Style.
<a href="https://www.sartorialisme.com/cardigan-style-sartorial/">
Apprenez-en plus sur le cardigan en lisant notre article dédié</a>
Le cardigan est sans doute la maille préférée du sartorialiste. Glissé sous une veste ou porté comme une veste, il permet d’envisager tous les registres stylistiques. Source : Permanent Style. Apprenez-en plus sur le cardigan en lisant notre article dédié

D’un point de vue psycho-social, il pourrait être judicieux d’intégrer dans votre tenue au moins l’un des signes ostensibles d’appartenance au groupe, afin de satisfaire aux instincts grégaires de vos collègues sans pour autant céder à l’appel de la vulgarité. La chemise en jean, les sneakers minimalistes ou le bombers en laine pourraient ainsi devenir de précieux alliés pour aller remplir vos tableurs excel. 

Notons qu’il est plus facile d’obtenir des tenues décontractées cohérentes à partir d’une garde robe relativement formelle que l’inverse. C’est sans doute ce qui explique le succès du business casual depuis plusieurs décennies. Attention toutefois ; ce style est bien plus complexe à maîtriser qu’il n’y paraît et peut vite s’avérer désastreux si vous confondez encore veste de costume et veste sport, par exemple.

Cultiver des soft skills

De nos jours, la revendication d’une élégance classique et intemporelle ‒ parfois assez fantasmée, il faut bien le reconnaître ‒ peut vite prendre des allures de provocation. D’autant que dans l’inconscient collectif, le costume continue d’incarner le symbole ostentatoire d’une classe sociale qui concentre les pouvoirs politiques et économiques (quoique assez largement désavouée par l’opinion publique). Si vous n’en êtes pas persuadé, allez donc faire un tour dans un rassemblement gilet jaune en costume croisé bleu marine à rayure tennis.

En revanche, il n’y a franchement plus rien de subversif à s’afficher dans une tenue logotypée prétendument avant-gardiste ou à porter des marques se revendiquant d’on-ne-sait quelle contre-culture moribonde, sauf à affirmer son adhésion aux valeurs de la consommation de masse. De même, personne ou presque ne s’étonne de voir des adolescents prépubères manipuler des smartphone dont la valeur peut dépasser le millier d’euros, alors qu’une simple pochette délicatement plié dans la poche d’une veste suscitera à coup sûr l’indignation d’un parterre de collègues.   

A une époque où l’apparence semble avoir pris le dessus sur le fond, où la réalité virtuelle prétend dépasser la réalité matérielle, il est crucial d’interroger sa propre cohérence. Les vêtements sont un langage muet et il faut prendre garde de ne pas trop les faire mentir. Plutôt que de vouloir jouer un rôle, cherchez à sublimer votre personnalité profonde. En peu de mots, privilégiez l’esprit plutôt que la tenue. Ainsi, vous éviterez peut-être d’être de ceux qui, comme le léopard dans la fable de La Fontaine, « n’ont que l’habit pour tous talents ».

La chemise en flanelle : une pièce décontractée idéale pour l’automne

Une fois n’est pas coutume, notre article d’aujourd’hui nous emmène loin du style ritalo-sartorial tristement célèbre du fait d’instagram, ses cols cutaway et ses rayures bengale. Tournons-nous plutôt vers le monde anglo-saxon et penchons-nous sur un grand classique du vestiaire masculin, aux multiples qualités : la chemise en flanelle.

Sources : Kiel James Patrick (gauche), Five Point Fox (centre), @gezzaseyes (droite).
Sources : Kiel James Patrick (gauche), Five Point Fox (centre), @gezzaseyes (droite).

Qu’est-ce qu’une chemise en flanelle ?

Au sens large, il s’agit de n’importe quelle chemise confectionnée en utilisant de la flanelle, une étoffe de laine cardée originaire du Pays de Galles. Cependant, la chemise en flanelle d’aujourd’hui présente plusieurs caractéristiques précises.
Tout d’abord, l’étoffe : si quelques maisons produisent encore des chemises en laine (on pensera notamment à la vénérable institution américaine Pendleton Woolen Mills), l’immense majorité des modèles proposés est en flanelle de coton. Regrettable mais inévitable évolution de l’industrie du vêtement.
Le motif ensuite : la chemise en flanelle est malheureusement souvent associée dans l’imaginaire collectif à un tartan criard. Rétablissons la vérité : chemise en flanelle n’est pas synonyme de chemise en tartan ou à carreaux ! En pratique, trois possibilités s’offrent à vous : les grands carreaux (dits tartan ou écossais, option la plus décontractée), les petits carreaux (de type tattersall ou Vichy), et l’uni (qui, selon la couleur, peut s’avérer très désuet). Les autres motifs de flanelle (des rayures craie par exemple) sont plutôt réservés aux costumes, vestes et pantalons.

À gauche, le tristement célèbre « buffalo plaid » : une immondice à réserver aux déguisements de cow-boy. À droite, un tartan « Blackwatch » de chez Holland and Sherry.
À gauche, le tristement célèbre « buffalo plaid » : une immondice à réserver aux déguisements de cow-boy. À droite, un tartan « Blackwatch » de chez Holland and Sherry.

Le type de chemise, enfin, conditionné par les détails : la chemise en flanelle est à l’origine un vêtement utilitaire, porté par les militaires et les ouvriers ; elle est donc profondément décontractée (ou « casual », pour les adeptes de l’américano-servilité). On retrouvera ainsi fréquemment un col boutonné et une voire deux poches de poitrine, bien pratiques pour ranger (au choix) votre stylo Mont-Blanc ou votre Opinel.

La poche de poitrine (toujours une poche plaquée) peut être -du moins au plus décontracté- simple, boutonnée, ou à rabat. On évitera de porter en ville la poche à rabat, résolument beaucoup trop sport.
La poche de poitrine (toujours une poche plaquée) peut être -du moins au plus décontracté- simple, boutonnée, ou à rabat. On évitera de porter en ville la poche à rabat, résolument beaucoup trop sport.

La chemise en flanelle : quel intérêt ?

Cette pièce présente un double intérêt, pratique et esthétique. D’un point de vue fonctionnel d’une part : la coupe est ample, l’étoffe épaisse et lourde (pour une chemise !), les poches parfois bien utiles. Vous serez donc à l’aise et au chaud, deux qualités fort appréciables lors de la mauvaise saison. Pour des raisons stylistiques d’autre part : elle est suffisamment décontractée pour être portée sans susciter l’hostilité de la masse, et ce quel que soit votre milieu social. Ceci la rend par conséquent idéale pour l’apprenti sartorialiste le plus jeune (dès le lycée) ou le plus novice (d’aucuns diraient « le plus plouc »).

Même le pire des plébéiens n’oserait qualifier de telles tenues de « trop habillées ». Source : Kiel James Patrick (droite).
Même le pire des plébéiens n’oserait qualifier de telles tenues de « trop habillées ». Source : Kiel James Patrick (droite).

Comment porter la chemise en flanelle ?

Avec un dépareillé, veste et pantalon

Si le costume ne lui sied guère (on pourrait à la rigueur imaginer porter une flanelle unie bleue ou grise associée à un costume en tweed ou en velours épais, mais le résultat paraîtra sans doute daté), la chemise en flanelle peut être associée à un dépareillé pour un résultat du plus bel effet. Afin de maintenir une certaine cohérence, il faudra choisir des pièces (veste et pantalon) dans un style sportif et rustique. On pense tout particulièrement aux tweeds, aux velours, et -pourquoi pas- aux flanelles de laines (à condition qu’elles soient plus épaisses et plus texturées).

Choix judicieux des matières (tweed, flanelle, veau velours) et des couleurs (tons beiges et gris) : la tenue est parfaitement cohérente. Source : Bruce Boyer, Drake's.
Choix judicieux des matières (tweed, flanelle, veau velours) et des couleurs (tons beiges et gris) : la tenue est parfaitement cohérente. Source : Bruce Boyer, Drake's.
Il s’agit ici sans doute d’une chemise en popeline ou en twill de coton ; elle pourrait tout à fait être remplacée par une flanelle à petits carreaux (Vichy ou tattersall) pour une tenue encore plus chaude. Cette fois encore, l’ensemble est cohérent car d’inspiration rustique : veste en velours côtelé et cravate en tricot. Source : Drake's.
Il s’agit ici sans doute d’une chemise en popeline ou en twill de coton ; elle pourrait tout à fait être remplacée par une flanelle à petits carreaux (Vichy ou tattersall) pour une tenue encore plus chaude. Cette fois encore, l’ensemble est cohérent car d’inspiration rustique : veste en velours côtelé et cravate en tricot. Source : Drake's.
Ici, une chemise à col boutonné à motif tattersall associée à un cardigan en maille épaisse. Celui-ci remplace admirablement une veste sport dans cette tenue des plus confortables pour l’hiver. Source : Vanda Fine Clothing. <a href="https://www.sartorialisme.com/le-cardigan/">
À ce propos, vous pouvez lire notre article sur le cardigan</a>
Ici, une chemise à col boutonné à motif tattersall associée à un cardigan en maille épaisse. Celui-ci remplace admirablement une veste sport dans cette tenue des plus confortables pour l’hiver. Source : Vanda Fine Clothing. À ce propos, vous pouvez lire notre article sur le cardigan

N’essayez en revanche pas de « décontracter » une mise habillée avec une chemise en flanelle, le résultat sera catastrophique !

Cette horreur se passe de tout commentaire. J’invite le petit malin qui objectera qu’il s’agit d’un costume et non d’un dépareillé à reproduire l’expérience avec un blazer marine et un pantalon gris : la résultante sera pareillement épouvantable.
Cette horreur se passe de tout commentaire. J’invite le petit malin qui objectera qu’il s’agit d’un costume et non d’un dépareillé à reproduire l’expérience avec un blazer marine et un pantalon gris : la résultante sera pareillement épouvantable.

En lieu et place d’un cardigan

La chemise en flanelle peut servir d’alternative (très décontractée) au cardigan, à condition d’être suffisamment épaisse pour avoir l’air d’une « couche extérieure » crédible. Si elle est trop fine, l’aspect de deux chemises superposées sera sans doute curieux. On optera pour une chemise unie, telle la fameuse chemise chamois de chez L.L. Bean ou la chemise CPO (Chief Petty Officer) de la marine américaine, éventuellement pour de grands carreaux écossais.

Steve McQueen portant une chemise CPO ; on devine en dessous un col, qui pourrait être celui d’un pull Aran beige crème.
Steve McQueen portant une chemise CPO ; on devine en dessous un col, qui pourrait être celui d’un pull Aran beige crème.
La chemise CPO, ici associée à un chino blanc et des baskets en toile dans un style très preppy. Source: The Illustrated Book of Ivy.
La chemise CPO, ici associée à un chino blanc et des baskets en toile dans un style très preppy. Source: The Illustrated Book of Ivy.
Une chemise de type chamois, avec deux poches à rabats. On peut regretter le choix d’un tee-shirt en guise de première couche : une chemise en oxford ou en chambray eût été préférable.
Une chemise de type chamois, avec deux poches à rabats. On peut regretter le choix d’un tee-shirt en guise de première couche : une chemise en oxford ou en chambray eût été préférable.
Avec un tartan dans des tons verts, cette fois-ci. La superposition fonctionne ici car la (sur)chemise est épaisse et présente des poches. Source : Drake's.
Avec un tartan dans des tons verts, cette fois-ci. La superposition fonctionne ici car la (sur)chemise est épaisse et présente des poches. Source : Drake's.

Avec un pull

Au même titre que toute autre chemise décontractée, une flanelle peut parfaitement se glisser sous un pull-over (toujours à col rond, à moins que vous ne portiez une cravate). Ce choix présente plusieurs avantages : on gagne en chaleur ; on peut ainsi ajouter une touche de couleur à sa tenue (comme on rehausserait un costume trop sobre par une belle cravate) ; cela épargne à votre cou le contact désagréable d’un pull-over en laine. Voyez ces quelques associations réussies :

chemise sous pull

Complétez la tenue dans le même registre rustique. Un pantalon en velours, en toile de coton (de la moleskine par exemple) ou en denim feront parfaitement l’affaire. En ce qui concerne les chaussures, choisissez des mocassins penny ou blucher pour un style très américain ; dans un esprit plus européen, des derbies chasse, des brogues ou un encore une paire de Michaels seront préférables. A moins d’être un ouvrier, laissez les bottines de type Redwings aux bobos gauchistes parisiens.

Remplacez les bottes par une paire de chaussures plus civilisée, et vous obtiendrez une fort belle tenue de ville tout en gardant le charme sans égal du gentilhomme fermier que vous n’êtes pas. Source : Salt Water New England.
Remplacez les bottes par une paire de chaussures plus civilisée, et vous obtiendrez une fort belle tenue de ville tout en gardant le charme sans égal du gentilhomme fermier que vous n’êtes pas. Source : Salt Water New England.
Un tartan aux couleurs vives associé à un pull à torsades d’un bleu éclatant : le style est résolument preppy. Le pantalon en velours côtelé et les brogues ajoutent un peu de maturité à l’ensemble, évitant ainsi de tomber complètement dans la caricature du « frat boy » des universités nord-américaines. Source : Five Point Fox.
Un tartan aux couleurs vives associé à un pull à torsades d’un bleu éclatant : le style est résolument preppy. Le pantalon en velours côtelé et les brogues ajoutent un peu de maturité à l’ensemble, évitant ainsi de tomber complètement dans la caricature du « frat boy » des universités nord-américaines. Source : Five Point Fox.

Retenons en guise de conclusion que la chemise en flanelle est une pièce confortable et décontractée, qui s’intègre pourtant bien dans des mises élégantes, à condition de choisir un beau motif et de veiller à accorder les tons. Notons enfin qu’il s’agit d’une pièce peu onéreuse (on peut trouver un modèle satisfaisant pour une trentaine à une cinquantaine d’euros) et d’entretien particulièrement aisé (il suffit de la laver à la machine puis de la repasser).